17/03/2010

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France 2 diffuse ce soir le film de Christopher Nick inspiré de l’expérience de Milgram. Une dénonciation sidérante de la violence dans le divertissement télé.


 

Imaginez : vous participez à un pilote de jeu télévisé. Musique, projos, direction le plateau. Public chauffé à blanc et mitraille d’applaudissements. Devant vous, un pupitre avec des manettes. A chacune correspond une décharge électrique, de 20 à 460 volts. Egalement en plateau, un autre candidat, chargé de répondre à des questions. S’il se trompe, vous devez lui infliger une décharge. Aux premiers chocs, il pousse des petits cris de douleur. A 180 volts, il hurle.

L’animatrice : “Ne vous laissez pas impressionner. C’est à vous, continuez.” Vous envoyez une décharge de plus. L’autre hurle plus fort. Vous voulez arrêter. “La logique du jeu veut que vous continuiez”, rappelle l’animatrice. Vous envoyez une décharge encore plus forte. Le candidat supplie qu’on arrête. A 380 volts, il ne donne plus signe de vie. Vous actionnez la dernière manette, 460 volts Fin du jeu, c’est gagné…

Peut-être auriez-vous refusé d’aller jusqu’au bout. Même si, statistiquement, il y a plus de chance pour que vous ayez obéi. Seuls 19 % des gens qui se sont retrouvés dans cette situation ont réussi à quitter le plateau. Malgré les supplications de leur partenaire, les 81 autres pour cent ont poussé la dernière manette.

A leur place, qu’aurions-nous fait ? Aurions-nous trouvé la force de désobéir ? Question obsédante qui taraude longtemps et qui hante aussi le réalisateur-producteur Christophe Nick, à l’origine du projet et déjà auteur, entre autres, d’une série documentaire sur la Résistance habitée par la question du choix face aux circonstances. Pas étonnant que l’expérience de Milgram le poursuive

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Imaginez : vous participez à un pilote de jeu télévisé. Musique, projos, direction le plateau. Public chauffé à blanc et mitraille d’applaudissements. Devant vous, un pupitre avec des manettes. A chacune correspond une décharge électrique, de 20 à 460 volts. Egalement en plateau, un autre candidat, chargé de répondre à des questions. S’il se trompe, vous devez lui infliger une décharge. Aux premiers chocs, il pousse des petits cris de douleur. A 180 volts, il hurle.

L’animatrice : “Ne vous laissez pas impressionner. C’est à vous, continuez.” Vous envoyez une décharge de plus. L’autre hurle plus fort. Vous voulez arrêter. “La logique du jeu veut que vous continuiez”, rappelle l’animatrice. Vous envoyez une décharge encore plus forte. Le candidat supplie qu’on arrête. A 380 volts, il ne donne plus signe de vie. Vous actionnez la dernière manette, 460 volts Fin du jeu, c’est gagné…

Peut-être auriez-vous refusé d’aller jusqu’au bout. Même si, statistiquement, il y a plus de chance pour que vous ayez obéi. Seuls 19 % des gens qui se sont retrouvés dans cette situation ont réussi à quitter le plateau. Malgré les supplications de leur partenaire, les 81 autres pour cent ont poussé la dernière manette.

A leur place, qu’aurions-nous fait ? Aurions-nous trouvé la force de désobéir ? Question obsédante qui taraude longtemps et qui hante aussi le réalisateur-producteur Christophe Nick, à l’origine du projet et déjà auteur, entre autres, d’une série documentaire sur la Résistance habitée par la question du choix face aux circonstances. Pas étonnant que l’expérience de Milgram le poursuive.

France 2 diffuse ce soir le film de Christopher Nick inspiré de l’expérience de Milgram. Une dénonciation sidérante de la violence dans le divertissement télé.

Au début des années 1960, l’Américain Stanley Milgram, chercheur en psychologie sociale à l’université de Yale, organise une manipulation pour décrypter le processus d’obéissance. Censés participer à une étude sur l’efficacité de la punition dans le phénomène de mémorisation, des volontaires sont enjoints à infliger des décharges électriques à un homme (en réalité, un comédien). Ils sont 62,5 % à aller jusqu’au bout. Ou quand l’autorité anesthésie la conscience.

Ce constat est venu se percuter, pour Christophe Nick, avec les images d’une télévision décadente. “Il y a une dérive complètement dingue des programmes : le ressort, c’est l’élimination ; la norme, l’humiliation. L’Ile de la tentation, c’est taré !, s’emporte le réalisateur. La télé peut faire faire n’importe quoi aux gens !” D’où son hypothèse : “On est tellement habitués à cette violence qu’on peut organiser, demain, un jeu qui met en scène une mise à mort.” Démonstration avec cet objet télévisuel non identifié : un documentaire (doté d’un budget conséquent de 2 millions d’euros) qui plonge le protocole de Milgram dans le bain d’un faux jeu télévisé : 80 volontaires (qui pensent participer à un pilote), un faux électrocuté-vrai comédien et des injonctions à répétition, délivrées par une animatrice (Tania Young)

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La candidate pivote sur sa chaise à roulettes, tergiverse devant le pupitre, les larmes aux yeux. “On peut arrêter ? C’est inhumain.” A plusieurs reprises, elle tente de négocier. Au final, elle assénera les 460 volts. La mort dans l’âme. Ils sont nombreux, comme elle, écartelés par le dilemme. A-t-on le droit de leur faire subir cela ? La question, déjà prégnante lors de l’expérience de Milgram, est plus cruciale encore avec la diffusion télévisée. Tous ceux qui ont assisté au tournage, en avril dernier, disent l’intensité du malaise : “On était mal pour les candidats, on souffrait avec eux.” Mais au final, seuls 3 des 80 participants ont refusé d’apparaître dans le film.

Pour frapper aussi fort que peut le faire la télé dans ses pires moments, il fallait en passer par là, estime en substance Christophe Nick dans le livre qu’il a écrit autour du projet (1) : “On ne passera plus nécessairement pour un moraliste rabat-joie [...] ou un catastrophiste paranoïaque lorsqu’on s’alarmera de la violence à la télévision. On s’appuiera en effet sur des phénomènes observés et mesurés avec soin, même s’ils l’ont été au prix de la douleur et de l’inconfort éthique.

Sommes-nous tous des moutons ? Souvent, oui. Mais le documentaire (suivi par un débat) a l’intelligence de poser la vraie question en ne désignant pas les individus mais bien le système qui les a assujettis.

Quand la télévision fait son autocritique sans ménagements, on se prend à espérer. Directrice de l’unité documentaire à France Télévisions,Patricia Boutinard Rouelle assure qu’elle va montrer le film à toutes ses équipes : “Cela nous interroge avec force sur la responsabilité qui est la nôtre.

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Ne serait-ce pas surtout une bonne occasion de faire la leçon au privé ? “Cela va bien au-delà. On n’a pas occulté une période où la télé publique s’est mise, elle aussi, à repousser les limites.” Mais la vie continue au pays de la télé macabre : certains “jeux” japonais, qui mettent en scène la souffrance physique, auraient déjà été achetés par des sociétés de production françaises. La preuve que ce film inédit, dans la forme comme dans le fond, a raison de questionner, sans fausse innocence, ce genre au nom inoffensif : le divertissement. L’occasion de se souvenir qu’au sens étymologique, divertir signifie détourner. Regardez ailleurs pendant que la télé vous soumet… à mort.

Marjolaine Jarry

(1) “L’Expérience extrême”, avec Michel Eltchaninoff (éd. Don Quichotte).

Réactions

Julien74
Pas pire ....
Ce jeux n'est rien par rapport au journal de 20 heures, qui lui nous montre des vrais mort en direct. La télé banalise cette violence de plus en plus chaque jour. J'ai vraiment peur pour mon enfant, dans quelle société il va grandir. J'espère pouvoir le tenir écarter le plus longtemps de cette violence, mais s'en ai presque impossible.... Ce jeu nous montre juste que la télé (et donc les gens qui la regarde) n'a aucune limite et qu'on continuera à nous fournir de la daube en boite pendant encore quelques siècles. C'est juste horrible !!!
choquée
qui torture qui?
Comme beaucoup de monde, je connaissais l'expérience de Milgram. Si j'avais trouvé les résultats de son travail très intéressants, je m'étais dit qu'on ne pourrait plus refaire une telle expérience aujourd'hui. Pourquoi? à cause des dommages psychologiques que cela inflige aux "moutons" qui vont jusqu'au bout. Mais apparemment on est vraiment prêt à tout aujourd'hui pour de l'audimat. Les résultats en étonnent certains! Il n'y a qu'à voir les autres émissions de télé réalité en France et à l'étranger, les guerres dans le monde entier pour comprendre ce que l'homme est capable de faire. J'espère vraiment que les "candidats" se doutaient fortement qu'aucune décharge n'était envoyée (les droits de l'homme ça rappelle quelque chose à quelqu'un?).
alternaute
Pareil...
...sur forum ! Vous installez un système électrocuteur et z'avez 80% des nautes qui balancerait allègrement des décharges léthales ! Qui sur Sarko, qui sur Ségo, qui sur Cohn-Bendit....sur Besson, Aubry, Besancenot, Le Pen, BHL etc etc...
depassage
La télé choc
à l'assaut de l'inculture ? Gageons que cela fonctionnera même si ce n'est pas une émission extraordinaire comme la prod semble la présenter. Le roman de Milgram (Soumission à l'autorité) dans les années 70, m'avait sidéré alors que je n'étais qu'un adolescent et j'en ai gardé un vif souvenir jusqu'à présent. Je le conseille à tous car il démontre parfaitement ce qu'on peut arriver à faire caché derrière une autorité que l'on juge seule responsable. C'est terrifiant mais hélas largement démontré par exemple durant les internements de la secondre guerre mondiale...
marlboro55
81/100 ont eu raison
c'est un jeu et donc ils ont compris que c'est bidon et ils ont gagné ,les victimes ont recu 0volts et c'est ca l'intelligence savoir que c'est du bluff et aller jusqu'au bout
soph
d'accord avec dédé73
ça sent le truquage à plein nez cette émission. Je suis désespérée qu'on nous prenne à ce point pour des cons ! Il aurait mieux valu qu'on nous propose un documentaire sur l'expérience de Milgram qui, elle, a été réalisée dans des conditions scientifiques. La diffusion de telles émissions prouve surtout à quel point de prétendus journalistes nous manipulent. Sans compter de la banalisation de la violence qu'elles favorisent en prétendant la combattre. Honte à ceux qui diffusent ce genre d'émissions et honte au conseil supérieur de l'audiovisuel qui ne réagit même pas à ce choix de programmation !
verneuil
i comme icare
le film est de Verneuil, pas de Gavras, même s'il fait penser à Z.
envoiedugros
mauvaise analyse
Ce n'est pas une emission sur la violence à la télé mais bien une démonstration du pouvoir des médias sur le public et les candidats. Là ou milgram démontrait la soumission de l'homme à une autorité, l'émission démontre que les médias deviennent une autorité, que l'homme n'est pas seulement spectateur de la violence mais acteur (et bourreau) passif de la violence. L'émission démontre le pouvoir de la télé sur nos choix et les limites que nous nous imposons.
rereagir
DE LA VIOLENCE
Encore de la violence gratuite, il n'y en a pas assez dans le monde, et cela pour l'audimat ,c'est idiot et irresponsable. Lisez la presse, regarder la télévision, écoutez la radio de la violence encore de la violence toujours de la violence. Une émission imbécile qui n'apporte rien. On parle d'éducation , ne pensez vous pas que les médias sont un vecteur important pour nos enfants et nous même de notre rôle dans la société. De plus ce genre d'émission ou de film date des années 1970 VRAIMENT RIEN DE NOUVEAU MALHEUREUSEMENT;
Alfred
Quoi de neuf docteur
C'est du réchauffé, du scoop de bazar médiatique. J'ai vu cela dans I comme Icare ou une très longue séquence portait sur cette expérience avec des médecins, des cobayes et un acteur qui jouait le rôle de l'électrocuté. S'il suffit de remplacer le médecin par un présentateur alors on pourra plus tard le remplacer par un plombier, un DRH de France Télécom, quel buzz! A noter le biais d'avoir pris des candidats à un jeu de télé réalité, il faut déjà être singulièrement perverti pour y participer
P-H.M
Mauvais combat
S'il était nécessaire de démontrer que la télévision, sous sa forme actuelle, est néfaste, voila qui est fait. En revanche, notre gouvernement actuel préfère combattre Internet qu'il qualifie de néfaste, dégradant et dangereux pour nos "chères têtes blondes". En réalité, son combat porte sur l'exercice du libre arbitre que demande Internet : provoquer la réflexion des gens risque d'être dangereux pour la démocratie selon notre vénéré président. Rien n'est fait pour contrer l'influence grandissante, parfois mal intentionnée, de la télévision ; bien au contraire.
Gonzalo Pirana
Facile, facile
Où une émission rappelle avec une expérience qui a 50 ans, qui a été repris ds le film "I comme Icare" de Gavras, ce que tte personne sensée connait déjà : la plupart des humains sont des moutons. Soyons positifs 20 % gardent leur liberté de choix. Evidemment avec une contrainte plus forte ce chiffre doit diminuer. Dans le monde du travail, il n'est que de regarder qui se mouille pour défendre un collègue injustement viré. Personne. 20 % de résistants, de libres penseurs, finalement c'est énorme.
ramon78
fait scientifique
je suis fortement étonné par les réactions de nombreux lecteurs qui assimilent cette expérience télévisuelle à du boniment de foire Il faut savoir que derriére ce spectacle racolleur il y a un fait scientifique vérifiable et sérieux : Devant une autorité quelconque 62% des êtres humains sont capables sans réagir, sans se rebeller, sans exercer leur libre arbitre d'infliger des souffrances allant jusqu'a la mort à leur semblable Pour ceux qui fuient et se voilent la face L'histoire ne leur montre elle pas la véracité de cette caractéristique humaine à moins d'être ignare au dernier degré
aldebert
Rien de nouveau
Un film à été tourné dans les années 70 avec Michel Picoli et 30ans après on nous serine comme si c'était quelque chose de nouveau!!! Nous savons tous que l' homme est capable de toutes les horreurs lorsqu' il a un pouvoir
kimono
sans moi
non, je ne vais pas regarder ce truc, cette chose qui fait un triomphe à la torture !!! et après, on va s'étonner de la violence des jeux dans les cours de récré !!!! c'est pas de la tv, c'est du grand n'importe quoi il n'y aurait pas "incitation au meurtre" ?
Balurin
C'est du réchauffé
Exactement. Tout ça est nul et non-événement. Quel est l'auteur de cette niaiserie d'article ?
enomis naelos
le jeu de la mort
Cela prouve que les gens sont de plus en plus détraqués et que la violence est perçue maintenant comme une chose presque naturelle. Sachant que vous envoyez 220 volts sur une personne et que vous appuyez quand même sur le bouton, quelle image cela vous donne t il sur le comportement de ces personnes. S il y a une guerre, ce seront des personnes qui peuvent aller à la pire des extrémités. C EST LAMENTABLE . Quelle belle image de la société actuelle !....
Dédé73
Quel contrat ?
Je pense que la production de l'émission fait signer un contrat aux participants au jeu. Il me semble peu probable que ce contrat autorise le participant à torturer et tuer la personne interrogée. De plus, si tel était le cas, la production pourrait être poursuivie pour incitation à la commission de crimes. Donc, (et heureusement) tout n'est que bluff dans cette émission, y compris la soi-disant soumission des participants aux ordres de "châtiments" donnés par le "public" et l'animatrice. Voici comment on prend les gens pour des cons et on racole en surfant sur la télé-réalité. Cela me rappelle les films pornos des années 80 qui soi-disant dénonçaient la pornographie. Boycottons cette émission et faisons leur prendre une claque au niveau des écrans de parrainage (puisqu'il n'y a plus de pub après 20 H)
Fcube
Une honte
Que ferons-nous et quelles réactions aurons-nous quand dans le prochain journal télévisé, on nous présentera l'histoire de jeunes qui ont voulu faire l'expérience eux mêmes mais en réel et que 4 enfants auront donnés et/ou se seront donnés la mort!! Et bien sûr que poussée par les autres, la majorité des Hommes obéissent sinon les camps de la mort n'auraient pas existés et perdurés aussi lgtps!! A bon entendeur...France 2 ne diffusait pas ce programme ce soir!!!
kleit992
@ beru
Vous dites "on a juste mis une animatrice de météo à la place de médecins". C'est bien là l'intérêt de la chose, de montrer qu'une animatrice et un plateau télé incarnent autant l'autorité (et même plus si l'on considère les pourcentages de Milgram et ici) qu'un médecin et une université.
Beru`
Buzz..
Ça buzz, mais cette expérience a 50 ans. Toutes ces choses-là on les connaît depuis longtemps, c'est du réchauffé, rien de révolutionnaire, on a juste mis une animatrice de météo à la place de médecins.
janusz
feed-back
Il faudrait savoir si les volontaires avaient déjà participé à une autre émission de télé-réalité . La dépêche du midi est allé interroger un ancien participant à ce type d'émission qui déclare qu'il aurait obéi parce qu'il sait que les situations de télé-réalité sont fausses . Le danger est ailleurs . Le gamin de 10 ans qui va entendre parler de cette émission , éventuellement en regarder quelques images (mais le buzz suffit) : que va-t-il en conclure ? Qu'on peut jouer au jeu de la mort . Et qu'est-ce que ça devient cette idée-là quand elle touche simultanément des millions d'enfants ?
 © SIPA

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Christophe Hondelatte a-t-il tenté de manipuler le débat “Jusqu’où va la télé”, enregistré la semaine dernière et diffusé ce mercredi soir à la suite du très attendu documentaire de ce Christophe Nick “Le jeu de la mort”?

C’est ce que laisse entendre dans LibérationAlexandre Lacroix, rédacteur en chef dePhilosophie Magazine, partenaire de cette soirée consacrée aux dérives de la télévision.

Alexandre Lacroix dénonce l’insistance du maître des débats pour faire reconnaître son homosexualité à un des candidats qui a joué le jeu jusqu’au bout. Puis Alexandre Lacroix rapporte être intervenu en ces termes: “Nous venons d’assister à un interrogatoire. On demande à un participant “obéissant” (ndlr: qui a accepté d’infliger une décharge de 480 volts) de nous prouver qu’il n’est pas un sale type, alors que 80 % des gens ont fait comme lui. Et puis on étale sa vie privée. Cela démontre que le plateau de télévision est un dispositif coercitif où le présentateur a le pouvoir”, expose-t-il.

C’est à ce moment-là, toujours selon Alexandre Lacroix, queChristophe Hondelatte s’énerve: “Bon, ben c’est très simple. Tu vois la porte, là ? Tu dégages ! Pas de ça dans mon émission.”.

S’ensuit, toujours selon Alexandre Lacroix, le dialogue que voici : “Quoi ? Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton. – C’est moi qui commande ici” (...) Après vingt minutes de ce bras de fer, quand il a été clair que je ne décanillerais pas, Hondelatte a fait signe de relancer le tournage.”, explique l’invité. lire la suite...

 

Réponse de Hondelatte à l’occasion de la“la revue de presse des journaux et du web” de France Info : “Alexandre Lacroix est un idéologue qui considère que la télé est mauvaise par essence et que, y compris le débat auquel il participait, était mauvais. Et il a voulu en faire la démonstration donc on s’est un peu accrochés (…) Je n’avais pas envie que ce débat soit un débat anti-télé pour dire les choses. Et je crois que France 2 ne le souhaitait pas non plus, je suis garant de ça aussi. On a les mains dans le cambouis, on fait des compromis tous les jours, mais je ne veux pas qu’on dise à la télé que la télé c’est de la merde du sol au plafond.

Hondelatte reproche en outre à l’article deLibération de relater les faits de manière “malhonnête”, et propose (en plaisantant ?) de réécouter la bande. Ce que confirme Jean Marc Morandini, présent sur le plateau lors de l’enregistrement. A le lire, Alexandre Lacroix, “n’a jamais tenu en plateau les phrases qu’il affirme avoir prononcées. Il s’est contenté de dire ‘Non, je ne pars pas, je reste’. Il n’a jamais dit par exemple: ‘Vous croyez que je vais vous obéir ? Vous rêver ?’ comme il l’affirme dans l’article. Et d’ajouter : Il était penaud sur son siège, rouge écarlate, au point que c’est un des intervenants qui a du prendre la parole pour le défendre. Même si la colère de Christophe Hondelatte était excessive, c’est un peu facile aujourd’hui de refaire l’histoire dans Libération en se donnant le beau rôle.lire la suite...

 

Également présent sur le plateau, David Abiker s’étonne sur son blog, du caractère “soupe-au-lait” d’Hondelatte : “Nous nous retrouvons non pas dans la situation des participants au ‘Jeu de la mort’ de Christophe Nick mais dans une configuration où nous nous demandons si Christophe Hondelatte, que je découvre soupe au lait comme pas permis, peut légitimement demander à l’un des débatteurs de quitter le plateau pour avoir une explication.

Abiker précise un peu plus loin : “J’ai parlé d’un coup de sang de Christophe Hondelatte mais j’aurais aussi pu parler d’un rappel ultra ferme aux règles du débat ce soir-là. C’est l’animateur le patron des débats et il interroge ses invités selon un dispositif communément admis.”

Joint par Téléobs.comAlexandre Lacroix maintient ses propos : “L’article est un compte-rendu factuel, et honnête. Bien sûr j’ai écrit tout cela de mémoire. Mais je serais ravi de prendre au mot Christophe Hondelatte, et qu’il diffuse la bande”.

Je ne veux pas rentrer dans un débat personnel, c’est un débat de fond, à savoir pourquoi est-ce si difficile d’avoir une parole contestataire à la télévision”, a-t-il conclu.

L’échange virulent a été coupé au montage. Il ne sera donc pas visible ce soir sur France 2.

16/03/2010

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